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La crise du Coronavirus peut-elle vraiment affecter les SCPI ?

Les SCPI qui font partie des produits de placement les plus souscrits en France font aujourd’hui l’objet d’une attention particulière par les investisseurs, face à la crise sanitaire du Covid-19. Cette dernière en effet se fait ressentir sur les portefeuilles de placement depuis maintenant plusieurs semaines.

Le Covid-19 et la crise économique

Avant tout, précisons que la pandémie qui a gagné du terrain a conduit à une crise économique de conséquence non négligeable, crise due aux mesures prises dans le but de contenir sa propagation. C’est même l’économie mondiale qui est touchée, engendrant une décroissance approximative globale de 8% à 15% au cours de cette année 2020.

Les investissements pourraient en être fortement impactés en raison de la baisse généralisée du pouvoir d’achat pour les ménages (due au chômage) et de la trésorerie pour les entreprises (en raison de l’arrêt temporaire ou définitif des activités). Cette décroissance est due au confinement dont la durée varie en fonction de chaque pays et par rapport à l’évolution de la propagation du virus. Une fois le confinement levé, il n’est pas garanti que la crise soit définitivement passée ; ainsi, de nombreux secteurs d’investissements seront encore dans l’incertitude au cours des jours à venir.

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Le marché des SCPI menacé ?

La majorité du parc immobilier des SCPI est composée d’actifs qui reposent sur différents secteurs d’activité. Ce sont en effet les SCPI de rendement qui génèrent le plus de revenus locatifs. Or, l’arrêt temporaire des activités des locataires aboutit à l’absence de ressources et par conséquent à l’impossibilité de s’acquitter des loyers. Les SCPI fonctionnent pourtant sur la base de ces revenus locatifs dont une importante partie est distribuée à tous les souscripteurs de parts.

Pour l’instant, les SCPI sont relativement épargnées par la crise en raison de la stratégie de pilotage préalablement mise en place par la société de gestion. Cette stratégie repose sur la diversification des actifs, d’où une meilleure mutualisation des risques, ainsi que sur la constitution antérieure d’une provision pour risques. La plupart des baux signés sont également d’excellente qualité, la majeure partie étant sécurisée sur le long terme.

L’avenir proche des SCPI

Pour certaines SCPI dont la trésorerie pourrait être impactée en cas de prolongement de la durée de la crise, une possible baisse des dividendes n’est pas à écarter. La suspension de leur distribution serait également une piste possible pour faire face à cette carence en loyers sur la durée. Quoi qu’il en soit, l’Autorité des Marchés Financiers a émis certaines recommandations dans le but de soutenir les SCPI et afin de préserver leur pérennité.

Par ailleurs, gardons en tête que ces produits sont souscrits sur le long terme, soit sur une dizaine d’années en moyenne. La baisse des dividendes, voire leur suppression, ne sera donc que temporaire, d’autant plus que la courbe sera lissée sur le temps avec la reprise des activités et la relance de l’économie.

Les SCPI sont mieux armées que les autres produits d’investissement, tout simplement en raison de leur composition à base de « pierre ». L’immobilier s’en sort presque toujours indemne, en particulier les immeubles qui sont dotés de tous les atouts tels que leur typologie, un bon emplacement et un environnement immédiat de qualité.

La vigilance est toujours de mise, puisque cette crise actuelle du Covid-19 est inédite et sans précédent, et que les lésions ne seront pas connues avant qu’elle ne soit totalement maîtrisée. Or, cette échéance demeure encore aujourd’hui dans le flou.

La souscription aux SCPI n’est pas déconseillée certes ; cependant, il vaut mieux prendre le temps de vérifier le savoir-faire de la société de gestion, de même que ses potentiels et sa réactivité face aux périodes de coups durs.